Historique

Principe connu depuis l’Antiquité.

Source BNF

Historique: La première attestation de l’utilisation de la brique vernissée comme décoration est datée du XIIIe siècle av. J.-C. dans un temple dans la ville antique de Chogha Zanbil, un complexe élamite dans la province du Khouzestan en Iran. En Egypte, les plus anciens carreaux en céramique trouvés datent vraisemblablement de 4000 ans avant notre ère.

Dans l’antiquité, les carreaux céramiques se présentaient sous différentes formes. On appelait  “Tesselatum”  les carreaux carré, “Favi” les hexagonaux et “Trigona” les rectangulaires.

Les carreaux sont depuis l’origine très utilisés dans la civilisation musulmane, en particulier les lieux de culte, en utilisant essentiellement les formes et les effets géométriques, les représentations humaines ou animales étant interdites par la religion.

Carreaux du Moyen âge.

Au Moyen Âge, l’empire byzantin et la civilisation islamique développent un art extrêmement raffiné du carrelage et de la mosaïque et présentent à travers les époques une valeur esthétique éclatante. On peut admirer au Brooklyn Museum des Panneaux de carreaux en Céramique d’Iznik, de Damas, de Syrie des XVIe et XVIIe siècles. 

Les premiers carreaux apparaissent en France dans les édifices religieux au VIIIe siècle.

C’est au Moyen-Age qu’apparaît le carrelage de terre cuite, pour couvrir les sols des églises romanes. D’abord recoupés pour être assemblés en mosaïques, ces carreaux de pavement sont dès le XIIe siècle simplement  recouverts d’une glaçure transparente au plomb, de couleur jaune, brun-rouge, vert clair ou vert foncé. Les décors des carreaux médiévaux apparaissent au XIIIe siècle, et sont de 2 types.

Mise au point par les moines cisterciens, la technique du décor incrusté ou décor à engobe va être très utilisée dans le nord de l’Europe, et principalement en France et en Angleterre. On presse sur la terre crue de couleur une matrice en bois sur laquelle est sculpté un motif. L’empreinte ainsi laissée en creux est remplie d’argile blanche diluée. Une fois la terre sèche, sa surface est arasée pour que le motif ressorte bien net, en révélant le contraste de couleur entre le décor et le fond du carreau, puis le carreau est recouvert d’une glaçure transparente à base de plomb.

Les ordres religieux, plutôt austères, imposent pendant un temps les figures géométriques pour les sols qui vont être foulés aux pieds. Mais la demande devient toujours plus exigeante et les dessins évoluent à partir du XIIIe siècle pour représenter des images d’anges ou de saints, des fleurs de lys, des blasons, des figures d’animaux stylisés, des monstres et des grotesques, des scènes de la vie populaire.
Avec la mode venant d’Espagne et des pays orientaux, les carreaux ne décorent plus seulement les sols mais aussi les murs. La robustesse du décor n’étant plus alors nécessaire, la technique de l’incrustation a dans ce cas été remplacée par un décor simplement peint avec un engobe blanc sous une glaçure transparente.

Les carrelages de la chapelle de la Vierge et ceux de la chapelle de Saint-Cucuphat dans l’église abbatiale de Saint-Denis sont remarquables par la beauté de leurs dessins. Ils datent de la fin du XIIe siècle. Du XIIe au XVIe siècle, on employa, pour paver le sanctuaire, le choeur et les chapelles des églises, des carreaux en terre cuite. Au XIIe siècle, chaque pavé était d’une seule teinte; les couleurs ordinaires étaient le noir, le rouge, le blanc et le jaune. On assortissait ces carreaux, de manière à former une mosaïque. Quelquefois ils ont une bordure, formée aussi de petits carreaux ajustés différemment, ou sont découpés de manière à représenter des figures et des broderies.

A partir du XIIIe siècle, pour éviter la multiplicité des joints, chaque carreau porta un dessin complet, ou bien, si l’on voulait des dessins compliqués, un fragment d’un plus vaste ensemble. Au lieu de carreaux dont la pâte était colorée dans la masse, on se servit aussi de carreaux offrant des dessins en creux par suite d’empreintes antérieures à la cuisson, ou de carreaux émaillés à la surface, ou bien incrustés de terres de diverses couleurs.

Quelques-uns eurent des dessins en relief. On voit de curieux échantillons de carrelages dans les chapelles absidales de l’abbaye de Saint-Denis, à l’église Saint-Pierre-sur-Diva (Calvados), dans les chapelles de la cathédrale de Laon, dans la salle du Trésor de l’église de Saint-Omer, dans la chapelle du Temple à Londres, et à l’église Notre-Dame de L’Épine près de Châlons-en-Champagne.

L’application de faïence peinte sur les carreaux date du XVIe siècle. Sa pratique va se développer dans les maisons de notables au XVIIIe siècle, notamment à Chambord ou encore Versailles. Son usage se démocratise à partir du XIXe siècle. Concurrencé par les parquets de bois, il se destine alors aux lieux moins nobles comme les chambres des domestiques, les pièces de service, les lieux à forte affluence.

Alors que terre battue, sauf exception constitue le sol des maisons rurales, elle recule devant le carrelage dans les villes européennes au XVIe siècle mais le plus souvent les propriétaires continuent à joncher le sol de leurs chambres de paille en hiver et d’herbes fraîchement coupées en été. Le parquet ne fait qu’une timide apparition dans les maisons des plus riches et ne se répandra qu’au XVIIIe siècle.

Dans le sud de l’Europe, en Italie et en Espagne, vers la fin du Moyen-Age, la technique de décor est différente. Les carreaux sont recouverts d’un émail stannifère blanc opaque sur lequel est directement peint le décor : végétaux, rosettes, animaux, ou visages humains annonçant les prémices de la Renaissance. Ces carreaux bleu et blanc sont produits en grand nombre au XVe dans 2 villages à côté de Valence en Espagne : Manises et Paterna.
S’utilisant en pavements, mais également en carreaux de revêtement, les carreaux émaillés et décorés sont souvent alternés avec des carreaux unis : le Palais des Papes à Avignon fournit un bel exemple de ce type de carrelage médiéval. Apparaissent également les navettes, carreaux hexagonaux combinés avec des carrés pour former des octogones.

Le XVIe siècle nous a laissé des carrelages en faïence peinte; tels sont ceux des châteaux d’Écouen et de Blois, de l’église de Brou, et d’une chapelle de la cathédrale de Langres. Ces carrelages ont été encore de mode en France au XVIIe siècle; l’usage en existe toujours en Italie, en Espagne, en Afrique et en Orient. Les pierres historiques qui offrent parmi les plus fameux carrelages anciens au monde, ont permis aux plus beaux ouvrages de notre Histoire dont les châteaux des Rois de France, de rayonner et de résister durant des siècles et encore aujourd’hui.

À la fin du 16e siècle, les carreaux en céramique ont gagné les Pays-Bas. En 1584, les premiers fabricants de poterie se sont établis dans la ville de Delft, qui s’est rapidement mue en un centre majeur de la céramique. Une cinquantaine d’années plus tard, ils étaient même réputés pour leur excellent savoir-faire. C’est aussi au 16e siècle que ces carreaux se sont lentement frayé un chemin vers l’Espagne. Réservé à des bâtiments publics importants et aux personnes extrêmement fortunées, le carrelage en céramique était considéré comme une œuvre d’art à part entière. La mosquée cathédrale de Cordoue et le Palais de l’Alhambra à Grenade témoignent de cet art majeur.

Le monde entier tombe amoureux des carreaux en céramique bleus et blancs typiques de la ville de Delft et l’industrie du carrelage hollandais prospère. Mais ce succès favorise la concurrence, une rivalité intervient avec les britanniques qui conduit à la faillite la plupart des potiers hollandais vers 1775. En 1883, la Grande-Bretagne produisait massivement des carreaux en céramique et ses exportations augmentaient rapidement.

À partir du XIXe siècle, le carrelage reprend un regain de splendeur et s’impose dans les habitations, en intérieur comme en extérieur, en raison de l’industrialisation de sa fabrication et du souci croissant d’un environnement plus hygiénique. Il a conservé cet exceptionnel attrait jusqu’à nos jours. Au delà des avantages pratiques, les réalisations du carreleur et du mosaïste présentent, à travers les époques, une valeur esthétique éclatante. « Les Emaux de Renaud » perpétuent cette riche tradition.

En France, la faïencerie Boulenger de Choisy-le -Roi, installée en 1804 sur une partie de l’ancien domaine royal, a été une des plus importantes usines de la ville, employant jusqu’à 1400 ouvriers. Aujourd’hui disparue, elle se situait à l’emplacement de l’actuelle dalle commerciale.

La faïencerie Boulenger tient son nom de ses derniers propriétaires, qui la dirigèrent de 1836 jusqu’à sa fermeture en 1938. Sous la direction d’Hippolyte Boulenger (1863-1892), la faïencerie connaît un essor spectaculaire. En 1878, l’entreprise familiale se transforme en société par actions et prend le nom de “Société Hippolyte Boulenger et Compagnie”. Le travail est réorganisé afin d’augmenter la production. L’usine fabrique de la vaisselle de table, des objets décoratifs, du carrelage…qu’elle vend en France et dans le monde entier.

De nombreux ouvriers de la faïencerie Boulenger habitaient Choisy-le-Roi, et on retrouve sur certaines maisons de la ville des décors en faïence.